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L’Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne remplace l'Observatoire européen des
phénomènes racistes et xénophobes, pour quoi faire ?
Le feu Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes avait été
créé par un règlement (CE) n°1035/97 du 2 juin 1997 et avait démarré
ses activités en 1998. Cette structure avait pour objectif de fournir à la Communauté et à ses
Etats membres des informations sur les phénomènes du racisme, de la xénophobie et de l'antisémitisme,
l'ampleur et l'évolution de ces phénomènes et de leurs manifestations. En analysant les causes
et les conséquences il pouvait
émettre des bonnes pratiques pour y remédier. La première impression donnée dans le
bilan du racisme au quotidien est que cela n’a pas servi à
grand chose.
Pourtant s’il fût, pour cet observatoire, sûrement facile bien que long et fastidieux de relever
toutes les informations au niveau européen sur les phénomènes du racisme, de la xénophobie
et de l'antisémitisme, on ne peut pas dire que de grandes recommandations à
l’échelle européenne furent
à la hauteur des problématiques rencontrées depuis sa création. Il faut aussi préciser
que ce dernier avait un rôle d’observateur et non d’agent ! la terminologie sémantique
prend ici tout son sens.
Toutefois l’on peut noter que sa compétence a été étendue aux droits énumérés
par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, à
l'exception de la justice et la sécurité. Comme il fallait s’en douter, la nouvelle agence n'a
pas tout de suite fait l'unanimité. De nombreux Etats, dont la France, redoutaient qu'elle s'auto saisisse
de dossiers relevant de leurs compétences. On imagine bien ce que cette agence aurait pu faire dans notre
cher pays si bien connu pour ne pas être raciste.
C’est une allemande, Beate Winkler, qui dirige l'Observatoire depuis sa création, en 1998, et qui restera à la
tête de cette structure jusqu'à nouvel ordre. Sans grands moyens depuis ses débuts il lui fallut
passer du rôle de procureur
à celui d’observateur. Elle collectera donc des données et publiera des rapports (on adore cela à
Bruxelles comme dans toutes les grandes capitales) sur les sujets qui
la préoccupent mais dont on attend finalement plus grand choses désormais. En effet selon le journal
Le Monde par exemple : « les atteintes aux droits de l'homme survenues dans le cadre des pratiques policières
des Vingt-Sept, comme tout ce qui relève du troisième pilier des traités ou de la législation
exclusive des Etats, ne sont pas de son ressort ».
Dès lors, se pose la question de l’intérêt de cet observatoire nouvellement dénommée
agence, qui ne fera que compiler les informations sur les matchs de foot, les manifestations neonazis dans les nouveaux
entrants de l’ex blocs soviétiques, les insignes, armes et uniformes SS vendus sur les marchés
de Bucarest ou Sofia, l’assassinat de réalisateur cinématographique comme Theo van Gogh et bien
d’autres méfaits, d’où qu’ils viennent y compris dans les discours de certains hommes
politiques eux mêmes. N’y aurait-il pas une agence de com qui recommanderait
à cette autre agence de communiquer sur ce qui devrait préoccuper et mobiliser chaque européen
que nous sommes ?
GP
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