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Communication Sans Frontières ® - Dossiers - Point de vue - débats - dossiers : Droits à la communication : le point de vue du Professeur Cees Hamelink qui s'était exprimé lors du Forum mondial sur les droits à la communication à Genève vise à rassembler sous l'égide des « droits à la communication » un nombre de droits humains liés à l'information et à la communication.


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. Un dossier de la plate-forme du commerce équitable
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Gros plan sur deux partenaires du sud

Creative Handicrafts, une coopérative artisanale indienne19

Creative Handicrafts est une coopérative indienne de création artisanale. Née en 1984 sous l'impulsion d'une religieuse espagnole, sour Isabelle Martin, elle emploie aujourd'hui près de 150 ouvrières, organisées en "centres de production", pour transformer le coton ou la soie, en broderie à la main ou à la machine sur habits, sacs de voyages, jouets et peluches.

La production est vendue à part égale sur les marchés locaux et dans les magasins du monde en Europe. En France, c'est la centrale d'achat Solidar'Monde qui commercialise ses produits.

Les femmes qui travaillent au sein de la coopérative sont issues d'un quartier populaire de Bombay, " recrutées sur des critères principalement sociaux ", en fonction de leur besoin d'insertion dans une activité économique qui les sortira de la misère, ou de situations de dépendance ou de violence conjugale. Elles suivent un programme de formation de six mois pour apprendre les différentes techniques de tissage, de couture, de confection, de cuisine... puis elles rejoignent un des sept ateliers de la coopérative. Chaque atelier reverse au bureau de la coopérative 2% de son chiffre d'affaires pour l'administration et l'aide à l'exportation. « Tous les mois, nous regardons ce qu'il reste en stock et nous achetons nous-mêmes le matériel nécessaire aux prochaines commandes », explique une ouvrière. Chaque atelier est donc autonome dans ses achats comme dans le choix des modèles fabriqués. Les décisions se prennent collectivement lors de réunions informelles d'ateliers. Dans chaque groupe, deux femmes sont élues : une pour l'organisation de la production, l'autre pour la comptabilité. Mais toutes deux prennent également part à la production.

Les ventes de chaque atelier servent à payer les salaires, environ 2000 roupies (40 euros) par mois, soit l'équivalent de la rémunération minimum dans le textile en Inde. Les bénéfices dégagés par chaque atelier permettent le financement des grosses dépenses et la constitution d'une petite épargne individuelle.

Selon la chercheuse Nirmala Banerjee du Centre d'Études en Sciences Sociales de Calcutta, dans un pays où "les deux tiers des femmes travaillent dans le secteur non-organisé, c'est-à-dire informel", l'appartenance à une telle coopérative est une chance réelle. L'apprentissage d'un métier et l'indépendance économique se doublent de programmes d'instruction (lecture, écriture) et de santé. La coopérative met également à la disposition des mères un système de crèches pour les enfants en bas âge et subvient aux frais de scolarité et aux fournitures d'un enfant par famille.

Si le revenu du commerce équitable permet d'assurer le fonctionnement de la coopérative, il n'est pas suffisant pour couvrir les frais de recrutement et de formation de nouvelles femmes. Ces actions nécessitent l'intervention d'ONG d'appui comme le CCFD.

AVEC20/GIE, structure de commercialisation d'agriculteurs togolais, outil de développement local
AVEC / GIE (Agriculteurs Vente Collective / Groupement d'Intérêt Economique) est la structure qui assure la commercialisation collective des productions de 63 villages de la région des plateaux au sud-ouest du Togo, proches de la ville de Kpalimé.

L'organisation prend ainsi en charge la production de maïs des paysans adhérant à son action. Les producteurs déterminent un prix de vente fixe sur toute l'année en fonction de leurs coûts de production. Jusqu'en 1997 le maïs était vendu à des femmes commerçantes ghanéennes et béninoises. En 1997, l'interdiction du gouvernement togolais d'exporter des céréales touche de plein fouet l'activité principale de l'AVEC/GIE, la vente collective de maïs est alors interrompue, tarissant une des principales sources de revenus des agriculteurs.

Une autre organisation, l'AVE / RAFP, étroitement liée à l'AVEC / GIE, apporte aussi un appui continu depuis 1998 à 217 producteurs qui se sont inscrits dans un programme de production et de commercialisation de fruits biologiques (bananes, mangues et ananas). La demande du marché mondial se dirige vers des produits à forte valeur ajoutée, c'est pourquoi les fruits sont transformés par séchage avant d'être commercialisés. Les fruits séchés sont alors destinés au marché international (80%) et au marché domestique dans le but de sécuriser durablement les revenus. Ces productions sont aussi certifiées "commerce équitable". La culture de l'ananas est traditionnelle au Togo mais est actuellement améliorée au sein des Unités de Production Biologique suivies par le Programme pour passer de la cueillette à une culture économiquement viable et écologiquement durable. Pour maintenir la diversité des cultures, garante de la souveraineté alimentaire des villageois, les parcelles d'ananas sont limitées à 1/16 ème d'hectare par famille. La culture d'ananas biologique dégage un bénéfice net mensuel de 6 000 FCFA soit l'équivalent de quatre jours de travail par mois d'un ouvrier agricole.

Aujourd'hui les producteurs de maïs se sont investis dans un nouveau partenariat commercial avec des femmes restauratrices des rues de Lomé et selon les principes du commerce équitable. L'ONG ECHOPPE collabore au partenariat commercial établi sur la vente de maïs en incitant les femmes restauratrices à adhérer à cette forme de commerce équitable Sud/Sud basée sur une solidarité entre la ville et la campagne.

L'AVE/RAFP s'est également associée à l'ONG ECHOPPE pour créer la boutique «  ECHOP' EXPO ». Ce magasin situé à Lomé propose des produits artisanaux (sculptures.) et alimentaires (fruits séchés), tous issus de l'économie solidaire au Togo.

Enfin, AVE/RAFP s'est particulièrement investie dans le réseau Sud Solidaire qui, après deux années de réflexions et d'échanges, se constituera prochainement en la fondation EQUIT-ATOUT. Ce réseau est une plate-forme qui relie différentes structures associatives, toutes engagées dans la promotion du commerce équitable et issues de pays de la sous-région tels que Bénin, Burkina-Faso, Togo, et Cameroun.

Ainsi, les producteurs associés à l'action d'AVE/RAFP ont déjà mené des réflexions sur la notion de commerce équitable. Ils sont donc sont conscients que les partenariats commerciaux doivent s'inscrire dans le cadre du développement durable et de l'équité entre tous les individus qui constituent leurs filières.

19 A partir d'un article de Loïc Abrassart - Revue des SCOP 2004
20 Agriculteurs et Vente Collective Gie

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